1000 et 1 livres

Un blog pour partager le plaisir de lire, en toute simplicité. Avis à tous les amoureux de la littérature et des livres...

25 janvier 2019

Elevation

Elevation_(novel)

"Elevation" - Stephen King

Scott Carey, citoyen sans histoire de la petite ville de Castle Rock, a un petit problème.

Jusqu’ici, il a toujours évité de se peser : et pour cause, divorcé, à plus de 50 ans, il pèse son poids de Burgers, de riches déjeuners pris au dinners local. Et comme le dit si bien une habitante de Castle Rock, les burgers, frites et milk shakes trouvent toujours le moyen de revenir vous hanter.

Oui, mais voilà, il perd du poids à une vitesse vertigineuse et régulière. Pourtant, loin de réjouir Scott, cette nouvelle l’inquiète. Car bien que les kilos s’envolent a une vitesse folle, son corps lui, reste le même…  Scott continue de manger, de s’habiller à la même taille, mais la balance est catégorique et la chute ne semble pas s’arrêter, bien au contraire.

Cette novella est au sujet d’un personnage on ne peut plus ordinaire qui se retrouve confronté à de l’extraordinaire, et surtout de l’inexplicable...  Rien d’étonnant pour un King, me direz-vous.

Mais dans ce cas, ce n’est pas dans le fantastique que l’on trouve la réponse aux questions qui demeurent sans réponse, non, c’est par l’irruption de l’inexplicable, que Scott finit par questionner le réel.  C’est comme si, avec les kilos qui s’envolent, Scott se met enfin à entendre ce qu’il n’entendait plus, à voir ce qu’il avait sous les yeux, à réflechir, prendre conscience et se délester des préjugés et des lachetés qui pèsent dans nos vies  et enfin à agir pour changer les choses. 

Se délester pour enfin parvenir à s'élever.

Un conte merveilleux, sur la vie, la mort, les préjugés, l’amitié, la différence et l’indifférence, car c’est confronté à l’irrémediable et l’inexplicable que parfois on comprend l’essentiel.

Je trouve très émouvant de grandir et je dirais meme de vieillir avec des auteurs qu’on a lu très jeune. Je trouve la maturité, la reflexion, l’évolution des personnages et des écrits de King, patinés du vernis de l’âge et de l’experience, très intéressants. Il y a beaucoup de reflexion sur la mort qui approche et sur le sens de la vie. 

J’espère qu’il en écrira d’autres des comme ca.

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19 janvier 2019

L'évangile selon Pilate

l'evangile selon pilate

"L'évangile selon Pilate" - Eric-Emmanuel Schmitt

Quelle lumineuse lecture !

Je sais qu'il y aura autant de lectures que de lecteurs, surtout pour ce livre qui suscite et suscitera des réactions extrêmes de par son thème. Il est certain aussi qu'il ne sera pas lu ou perçu de la même manière selon que l'on est croyant ou pas, mais avant de vous donner mon avis et si vous décidiez un jour de le lire, ce que j'espère du fond du coeur, je vous conjure de laisser de côté vos  a priori et de juste essayer de vous laisser porter, de laisser la porte de votre coeur ouverte et de vous laisser conter cette histoire...

Première partie: le rideau se lève sur Jésus, la veille de sa crucifixion.

Je comprends toute l'ampleur, le poids et la responsabilité qu'a dû constituer pour Eric-Emmanuel Schmitt le pari de narration d'écrire en faisant parler Jésus à la première personne. Mais non, que dis-je, ce n'est pas Jésus que nous donne à connaître Monsieur Schmitt, mais "Yéchoua de Nazareth", de ses 7 ans aux années avant le messianisme, ces années si mystérieuses et silencieuses et sur lesquelles les textes et les témoignages nous révèlent si peu.

Quel portrait incroyable nous en fait monsieur Schmitt, loin des écueils des représentations religieuses et clichés éculés, il nous dépeint un Yéchoua si profondément humain, pétri de doutes et de questionnements, pascalien avant l'heure, qui doute et se méfie du miraculeux,  car comme le dit si bien Schmitt par la voix de Claudia, la femme de Pilate, et qu'on sent qu'il affectionne particulièrement  "douter et croire sont la même chose, seule l'indifférence est athée."

Son interprétation du rôle joué par son entourage et tout particulièrement Yehoûdâh est étonnante et sonne étonnamment juste et on est éblouis par la simplicité et la beauté du verbe. Ah l'auteur a certainement été puiser loin dans cette source intérieure et trempé sa plume dans cette lumière pour avoir pu écrire ces pages éblouissantes.

Deuxième partie: changement de ton, changement de narration par la plume de Ponce Pilate. Il s'intéresse aux faits, uniquement aux fait, rien qu'aux faits, qu'il interprète avec une rigueur et certitude toute rationnelles et scientifiques et dans laquelle aucun doute n'est permis; il mène l'enquête, déconstruit avec rigueur, acharnement et jubilation par la parole truculente des romains Pilate et  Craterios, toute croyance messianique. et par ses questionnements, met sous une nouvelle lumière les événements de la première partie...

Mais c'est sans compter sur un élément fondamental, irrationnel et imprévisible :  l'Amour.

Enfin, la troisième partie, étonnante, l'histoire dans l'histoire de l'Histoire ou la parole de l'auteur et de l'homme sur le parcours étonnant de l'écriture de ce roman, qui de son propre aveu, l'a accompagné de nombreuses années durant et a occupé une place prédominante dans sa vie et dans son cheminement d'écrivain et d'homme.

Je ne doute pas qu'il occupe et occupera une place particulière aujourd'hui et pour longtemps dans ma vie.

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The Outsider

 

The outsider_

"The Outsider" Stephen King:

 Aaaaaah Stephen-alias-THE-King-de-mon-adolescence... Ses livres me rappellent de longs mercredi après-midi où le temps s'écoulait tellement lentement, mais toujours plus rapidement en tournant les pages d'horreur des livres de Monsieur King que je dévorais avec une boulimie et insatiable gourmandise. Je faisais chauffer la carte de bibliothèque tout comme celle du vidéo club que je fréquentais avec mes copines de collège pour emprunter tous les fims d'horreur disponibles...

J'ai arrêté de lire King peu après "La Ligne verte" que j'avais pourtant adoré et que j'avais acheté au format d'épisode aux éditions Librio...

Et puis, l'année dernière, j'ai décidé de retenter par curiosité, pour voir ce que ca donnerait. J'ai vraiment adoré "Carnets Noirs", relire du King était pour moi comme replonger en adolescence avec bienveillance, mais malgré tout un petite crainte sourde de ne pas renouer avec la magie.

Certes, il est désormais plus "Policier" qu'horreur, mais il glisse toujours sa touche fantastique et des univers caractéristiques et j'ai vraiment aimé le retrouver... J'ai donc attaqué "The Outsider" (en anglais, la version francaise sort à la fin du mois) et avec ces deux répliques, tu SAIS que tu lis du King:

"Discretion may be somebody's middle name, but it ain't mine."

"My tongue runs like a supermarket conveyor belt on payday."

AVIS:

Avec “The Outsider”, on retrouve un King dans la lignée de la trilogie “Bill Hodges”, avec une enquête policière qui pose plus de questions qu’elle n’en résoud, un personnage de flic “fort”, ici Ralph Anderson, plus jeune que Bill Hodges, mais dans la même veine et on retrouve avec plaisir Holly Gibney de Finders Keeper.

A présent l’histoire: la première partie du roman est un sans faute, menée à tambour battant, rythmée, intense, et très visuelle: je pense notamment à la scène à la sortie du commissariat, qui m’a étrangement rappelée une scène filmée similaire qui a marqué l’histoire des états-unis.

Un crime horrible dont les détails sont insoutenables qui interpelle et qui choque autant les habitants de la petite ville sans histoire de Flint que le lecteur: on a soif de trouver rapidement un coupable et ca tombe bien, on en a un très rapidement. Seul hic, alors que l’enquête semble cousue de fil blanc, des preuves déroutantes et incontestables conduisent vers la conclusion incroyable d’un suspect présent en deux lieux en même temps…

Comment est-ce possible ? Comment Anderson va pouvoir résoudre cette enquête qui l’empêche de dormir et qui remet en question toutes ses certitudes ? 

Comme souvent dans un King et comme le dit si bien un de ses personnages: “Quand toutes les explications rationnelles sont épuisées, ne reste que la piste de l’irrationnel, l’inexplicable et l’invisible: un univers sans fin et sans limite, car ce n’est pas parce qu’on ne croit pas ou qu’on ne le voit pas, qu’il n’existe pas…

 Une bonne lecture, loin d’etre dans le top 5 de mes King préférés, mais un bon moment tout de même... M’est avis que nous retrouverons Ralph Anderson et Holly rapidement, pour mon plus grand plaisir…

Une chose encore que m’aura laissé cette lecture: à l’avenir, je n’ouvrirais plus jamais un melon cantaloup avec la même insouciance, ceux qui liront comprendront… 

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11 janvier 2019

"Jusqu'à ce que la mort nous unisse"

livres 2019

"Jusqu'à ce que la mort nous unisse" de Karine Giebel

Ah lire un Karine Giebel n’est jamais une expérience à prendre à la légère, il faut s’y préparer.

Ceci est mon 6è et beaucoup de lecteurs m’ont dit que c‘était leur préféré.

Dans celui-ci, Mme Giebel prend le temps de nous brosser les personnages, de tisser les liens les unissant, surtout celui si particulier entre Vincent et Servane, deux authentiques, deux “bruts”, deux écorchés de la vie, même si d’autres personnages sont intéressants et auraient peut être (à mon avis) mérité un peu plus de lignes.

Il y est aussi question d’amitié.

Je trouve le crescendo dans l’histoire très bien mené, plus de pages, mais dans le but de mieux nous accrocher plutôt que de servir l’intrigue, on ne s’ennuie pas, même s’il y a moins d’ ”action”, ce qui pourrait déplaire à certains.

Comme toujours avec Giebel, c’est dans les recoins sombres du passé de ses personnages et dans les sublimes paysages et les longues nuits glacées de la montagne – personnage à part entière de ce roman - que se cache la noirceur, les pulsions et les sombres cauchemars. La montagne pleure et on ne peut que l’écouter.

Comme toujours aussi, les personnages livrent un combat, d’où l’on ne sait jamais ce qui triomphera.  

Quand Giebel écrit une histoire d’amour, j’ai peur… Très peur… C’est beau et on ne peut s’empêcher espérer les voir se libérer de l’obscurité.

Pas mon préféré, mais j’ai beaucoup aimé.

 Citations:

"Libre. Vicent aurait aimé l'être totalement. Mais on n'est jamais vraiment libre. Enchaîné par ses sentiments, ses passions, ses pulsions. Ses besoins, ses envies. Les devoirs qu'on s'impose, les prisons dont on perd la clef. Les souvenirs et les rêves. Tout ce qui fait qu'on est vivant."

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07 décembre 2016

Autre Monde Tome 7 "Genèse" de Maxime Chattam

Autre Monde

"Autre Monde Genèse" Tome 7 - Maxime Chattam

En grande fan de la saga "Autre Monde" j'attendais avec impatience le tome 7 et, autant lever tout de suite le suspense, j'ai beaucoup aimé.

Commençons par le positif : Quel bonheur de retrouver l'Alliance des trois dans leur quête, ils n'ont pas changé mais ils grandissent avec toute la mélancolie que cela suscite surtout chez les pans...Nous retrouvons avec plaisir des personnages appréciés et détestés et nous parcourons le nouveau monde et en apprenons plus, beaucoup plus sur la "Tempête" et l'Ennemi…

Analyse intéressante et sous-jacente sur l'évolution de notre société, dans un monde ultra-connecté, dematerialisé et sur le Big Data et l'évolution de nos rapports aux autres, au monde et à la nature.


Mes regrets à présent : il manque à mon avis quelques approfondissements et quelques explications, je reste par moment frustrée, comme Tobias, par l'absence d'explications ou le manque de temps et de pages pour approfondir des points qui, à mon humble avis, auraient mérités d'être traités plus longuement.


Faire 2 tomes pour la fin aurait peut-être été souhaitable, surtout que ce tome 7 est très long car il couvre en même temps la Genèse, un sujet passionnant en soi, mais également l'épilogue de l'histoire...
Vous l'aurez compris je suis restée un peu sur ma faim mais je n'ai absolument pas été déçue ni par le dénouement ni du voyage menés de main de maitre par Maxime Chattam dans ce dernier tome.


Puissions-nous rester toujours Pan avec nos singularités et altérations et ne jamais devenir Cynik…

Citation:


« Nous nous éparpillions, nous étions des milliards d’outils parallèles qui gaspillions nos facultés, mais cela va changer maintenant.

Sous sa domination nous serons un tout, un vaste ensemble qui œuvrera de concert, dans la même direction grâce a une pensée unique et efficace. (...) »


Le Buveur d’Innocence

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20 mars 2016

Premier livre !

Bonsoir à tous,

Voici bien longtemps que je n'ai pas posté sur ce blog mais il m'a manqué énormément et j'aurais aimé partager tant de lectures avec vous... Je ne perds pas espoir de pouvoir un jour trouver le temps de le reprendre et de partager de nouveau avec vous mes lectures. 

J'ai cependant une grande nouvelle à vous annoncer: je viens d´auto-publier mon premier livre. 

Il s'appelle "Puisque tu pars..."

je partage avec vous sa couverture et son résumé... Je reviendrai vous parler de sa genèse plus en détail... Si le coeur vous en dit, vous pouvez aussi le découvrir sur Amazon (lien ci-dessous)...

 Vous pouvez aussi me retrouver sur Twitter @Ndiwwa. 

En attendant je vous souhaite des nuits pleines de belles lectures...

 

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23 mars 2014

Lean in

34. "Lean In - Women, work and the will to lead" de Sheryl Sandberg

 

Lean in

La petite histoire: Un matin, en arrivant au bureau, je trouve sur mon bureau ce livre. Pas de post-it, rien. Ma collègue de 40 ans, célibataire m'envoie une heure après un email pour me dire "Un très bon livre, surtout pour toi, tu verras". Intriguée, je feuillette, avant d'ouvrir ce livre, je n'avais jamais entendu parler de Sheryl Sandberg. Je lis qu'elle est COO de Facebook et qu'elle a écrit un livre sur les femmes dans le monde du travail.

Ma collègue en question passe son temps à me dire, et je déteste ça: "je ne sais pas comment tu fais, tu es mariée, deux enfants, tu travailles et en plus tu cuisines !". Je déteste ce genre de phrases, comment peut elle savoir si j'assure, oui je fais toutes ces choses là, mais d'ou peut-elle en déduire que j'assure dans tous les domaines. En même temps lorsque je quitte le bureau à 17H pour aller chercher mes loulous (je travaille à Londres), une grosse boule de culpabilité dans le ventre d'être la première à quitter le service, et que je dis au revoir, c'est la seule à ne jamais me répondre.

J'ai donc commencé à lire le livre sans en attendre rien de spécial. Puis, dès les deux premiers chapitres, j'ai été immédiatement aimanté par les propos de Sheryl. Tout d'abord, le livre n'est pas vraiment catégorisable, ni 100% essai ni 100% témoignage, ni 100% récit, c'est un mélange de tout ça, ce qui en fait un ouvrage intéressant. Et surtout, Sheryl a mis en mots ce que toute femme experimente à différents degrés dans sa carrière. 

Commençons par le constat: Malgré les avancements entrepris au siècle dernier, nous sommes loin d'être parvenus à une situation d'égalité entre hommes et femmes et ce, que ce soit au bureau ou à la maison, le constat est malheureusement le même. Au contraire, les chiffres parlent d'eux même, nous sommes en situation de "statu quo" voire même dans certains cas de régression !

Autre leçon, qui a elle seule pourrait valoir à son auteur d'être clouée au pilori et serait même inimaginable dans la bouche d'un homme: nous, femmes, sont partiellement responsables de cette situation. Je n'ai pas encore lu les critiques de ce livre, mais je suis sûre que les féministes (dont elle se réclame) n'apprécieront pas du tout cette affirmation.

En intégrant et intérorisant les pseudos différences hommes femmes inculquées de manière erronée dès l'école et notre plus jeune âge, nous donnons raison à ces préjugés et nous les faisons même perdurer, notamment en jugeant négativement les femmes parvenues à des situations de pouvoir. 

Mais surtout, Sheryl nous donne de précieuses explications et statistiques qui expliquent le pourquoi de certains de nos comportements en entreprise:

Pourquoi ne levons-nous pas la main autant que les hommes en public pour poser des questions ?  Pourquoi les interlocuteurs hommes donnent moins la parole aux femmes et les interrompent plus que les hommes ?

Pourquoi, dans une salle de réunion,  les femmes s'installent en marge, sur le côté ou parfois même pas à la table de négotiation ?

Pourquoi des traits de caractères et des comportements qui sont vus positivement chez des hommmes comme des qualités de leadership et d'autorité sont perçus, à l'inverse, négativement chez les femmes, certaines étant même qualifiées péjorativement de cheftaine "bossy"?

Pourquoi les femmes au pouvoir sont moins appréciées que les hommes que ce soit par leurs collègues hommes ou femmes confondus ?

Pourquoi les femmes postulent moins à des postes manageriaux que les hommes et pourquoi aussi ont elles plus de mal à demander et obtenir des augmentations ou négocier quand il s'agit d'obtenir des choses pour elles alors qu'elles y parviennent parfaitement quand il s'agit de négocier pour l'entreprise ?

Pourquoi les femmes se brident-elle dans la vie professionnelle par rapport à une hypothétique vie de famille, parfois dès la sortie de la fac des années avant d'envisager concrètement d'avoir des enfants, ou même d'être en couple ?

Pourquoi enfin, alors que les femmes sur-performent les hommes pendant leurs études sont-elles moins présentes dans le monde du travail dans les postes à responsabilités et pourquoi continuent elle à se retirer massivement de la vie professionnelle quand elles ont des enfants ?

J'ai adoré ce livre: pouvoir découvrir les ressorts psychologiques derrière certains de mes comportement dans le monde du travail, le syndrôme de l'imposteur (qui, touche plus les femmes que les hommes), le fait de ne répondre à des annonces que lorsqu'on remplit 100% des critères alors que les hommes le font quand ils remplissent aussi peu que 60% des critères...

Savoir que c'est un comportement généralisé, d'une part déculpablise et en même temps inquète, le connaître et le reconnaître cependant est le début de la solution.

Ce livre met aussi le doigt sur le fait que pour avoir une carrière managériale et une vie de famille réussie, il est important de pouvoir compter sur son partenaire. Il est donc impératif que le partenaire en soit un vrai, pas à 10%, pas à 30% mais réellement dans un partage des tâches équitable et constructif. Elle demontre, statistique a l'appui, que le nombre de divorce et de bonheur conjugal sont fortement corrélés à un partage équitable des tâches dans un couple.

Enfin, ce livre donne aussi des anecdotes touchantes et criantes de vérités sur ce à quoi les femmes peuvent être confrontées, lorsqu'elles ont un premier enfant, lorsqu'elles doivent reprendre le travail tout en allaitant, lorsqu'elles sont en déplacement professionnel, lorsqu'elles sont dans des réunions avec que des hommes parfois dans des bureaux sans toilettes pour femmes ! J'ai également retenu une phrase que je répétais toujours lorsque mes enfants étaient encore petits: "Showering is a lobby" - pour une femme active avec des enfants en bas âges, les hobby ne sont plus la lecture ou le shopping, prendre une douche relève du luxe.

Aussi, Sheryl s'attarde également sur la culpabilité qui ronge quotidiennement, à chaque minute, dans un coin de la tête toute femme qui exerce des responsabilités et qui a une famille. On se compare côté professionnel à des femmes sans enfants, ou à des collegues hommes dont les femmes sont à la maison et on se sent nulles; on se compare côté personnel à toutes ses mamans qui sont à la maison, qui accompagnent leurs enfants à l'école et connaissent tous les détails de la vie de la classe, et on se sent nulles. C'est une situation inextricable, on ne peut jamais y arriver, alors, il est très justement dit dans le livre : "embrace messiness", accepter que tout ne peut pas être parfait, c'est intrinsèque avec ce choix de vie, "we can't have it all", il faut juste l'accepter. On peut juste faire du mieux qu'on peut et ce sera déjà très très bien, contrairement à ce que la petite voix dans notre tête nous dit tous les jours. Elle nous dit egalement que le nombre d'heure qu'une femme active de nos jours passent avec ces enfants est superieure au nombre d'heures que passait en moyenne les mamans au foyer avec leurs enfants dans les annees 70. Comment es-ce possible ? Tout simplement parcequ'on est dans une ere de parentalite extreme ou on passe beaucoup de temps avec nos enfants plutot qu'a cote de nos enfants, et du coup, on se sent beaucoup moins coupable.

En tous les cas, ce livre a le très grand mérite d'exister, de le lire fait du bien, booste et donne envie de changer les choses à son niveau et si tout le monde le fait, peut être les choses pourront changer pour toutes les femmes et nos filles qui entreront dans le monde du travail dans quelques annees. L'entraide entre femmes est aussi au centre de ce livre.

Certains pourront trouver ce livre trop "américain" dans le côté motivateur et donneur de leçon de vie, je ne trouve pas, et après tout, si cela permet de faire avancer le "schmilblick" dans la bonne direction, alors tant mieux, il faut encourager ce genre d'action.

Je vous mets en lien son entretien avec son ancien boss Eric Schmidt, CEO de Google ou ils discutent en détail le contenu du livre, souvent de manière très drôle (sorry c'est en anglais).

N'hésitez pas à partager vos avis sur le livre en commentaire...

Lean In: Women, Work and the Will to Lead. Author Sheryl Sandberg in Conversation with Eric Schmidt

 

06 janvier 2014

The Big Short

Le casse du siècle 33. "Le Casse du siècle" de Michael Lewis

EXCELLENT ! rien à dire de plus, ce livre est passionnant, édifiant et un point de vue sur la crise unique. Pour quelles raisons ce point de vue est unique ?

- Ce livre n'est pas un ouvrage économique. On ne nous prend pas par la main pour nous dire voici ce qu'est un subprime un CDS un prêt hypothécaire pourri. Nous suivons le parcours de manière surprenante de quelques personnages dont pour certains rien ne prédisposait à mettre les pieds dans le monde de la finance. Ce livre est le récit de ce qu'ils ont vécu, découvert, et le récit de leur plongée partie prenante dans le monde de la finance folle des deux dernières décennies. Et ils n'en sont pas sortis indemnes.

- Ce qui rend son point de vue unique aussi est qu'on se place du côté des "shorters" c'est à dire ces quelques investisseurs visionnaires qui ont vu la folie qui s'était emparée des marchés financiers et qui ont "misé" sur l'effondrement de ce château de cartes et sont repartis les poches pleines mais la conscience entachée...En effet, ces témoignages sont précieux dans la mesure ou ceux qui ont misé sur l'effondrement de ce marché et se sont donc enrichis n'ont pas forcement gardé la conscience tranquille d'avoir fait fortune sur le dos de la plus grosse crise financière de ce début de millénaire. Leur point commun: ils ont tous commencé humblement par croire qu'ils ne comprenaient pas tout et que quelque chose devait leur échapper, alors ils ont étudié, lu analysé et cherché dans le détail le fondement du marché des subprimes, c'est à dire ce pari fou de prêter de l'argent à des emprunteurs non solvables, hérésie non seulement pour un banquier mais également pour n'importe quel quidam censé. Ensuite ils ont pendant des années interrogé, rencontré les acteurs de cette folie en se disant qu'ils avaient du louper quelque chose, que derrière les sigles barbares CDS, CDO, Mezzanine slice, se cachait quelque chose de plus complexe et de plus sioux expliquant ce qui pouvait de prime abord apparaître comme une arnaque monumentale, bancale vouée à exploser dans les mains de tout ceux qui les posséderaient.  

Qui sont ils ? Une poignée de visionnaires, atypiques, moqués même par le monde financier des dernières décennies, moqués par ceux même qui ont crée la folie qui a faillit tout emporter avec elle. Ce n'a été qu'au prix d'une aide massive et inégalée des états (avec les répercussions dramatiques que l'on connait) que l'économie et les banques ont pu être sauvées, pour le meilleur et peut être plus malheureusement pour le pire...

 

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05 janvier 2010

Saga Twilight

32. Saga "TWILIGHT" de Stephenie Meyer

Tome 1: "Twilight"                                 Tome 2: "New Moon"                  

TwilightNew Moon

      Tome 3: "Eclipse"                          Tome 4: "Breaking Dawn        Eclipse      Breaking Dawn

Ou étais-je passée ??? Oserais-je l'avouer, hmmm, oui au fond de mon canapé avec la saga Twilight. Bon je suis pas fière mais ma démarche était double: d'une part ne pas mourir idiote et tenter de comprendre ce phénomène de librairie, ces millions de fans et toute la folie qui s'est emparée du monde occidental à la simple mention du nom de Twilight et tout particulièrement les ados et puis mince, pour me faire plaisir pendant les vacances puisque semblait-il il était question de beaux vampires et d'une belle histoire d'amour, après tout je ne suis qu'une femme...

Bon alors et le verdict...

Hmm mitigé. Je m'explique. Alors comme mon avis était biaisé, puisque je tentais de comprendre un phénomène, ma lecture n'était pas dénuée d'arrière pensée, impossible donc au début du premier tome, de le prendre comme il venait, sans préjugé ou a priori, bref j'attendais stephenie meyer au coin du bois comme un vampire attend sa victime...Et, et, et ...Et bien les premières pages j'ai été très surprise par la simplicité du style, très dépouillé si ce n'est pauvre, toujours les mêmes mots réutilisés à outrance quitte à perdre leur charme et agacer profondément (je l'ai lu en anglais, alors autant vous dire que les crooked smiles et les unfathomably à outrance, on fait vite une overdose)... Peu d'action ce qui m'a surprise pour un roman fantastique et pourtant au fur et à mesure des pages, je restais scotchée et voulais avidement comprendre ce qui allait arriver à Bella et Edward, concrétiseraient-ils ou ne concrétiseraient-ils pas leur histoire et sous quelle forme, humaine ou vampire (bref j'aurai du lire des mises en garde avant, j'aurais compris que c'était la toute l'intrigue). Bref... Un charme hypnotique a fini par me gagner et j'ai navigué très vite vers les tomes suivants sans même me rendre compte de mon addiction..

Et j'ai fini par comprendre... et désolée pour ceux qui n'aiment pas l'analyse mais je pense que cela s'impose quand même pour comprendre un tel succès a priori non mérité l'intrigue étant incontestablement plus faible que de nombreux autres SF books et surtout un style littéraire très pauvre et dénué de charme. Stephenie Meyer a réalisé la un cocktail avec tous les ingrédients à succès chez la femme ou la jeune femme (car il y a toujours une jeune femme sommeillant en nous peu importe notre âge). Une histoire d'amour semée d'embuches..Tout d'abord qui commence de manière très peu conventionnelle, une attirance répulsion très forte, fuis moi je te suis, suis moi je te fuis, bref un jeu très réussi qui s'explique par la nature même de vampire du beau Edward. Puis un héro PARFAIT, l'homme idéal mesdames, et comble du bonheur qui s'entiche de la parfaite mademoiselle tout le monde, la fille quelconque à laquelle nous pouvons toutes nous identifier (désolée si je vexe certaines je parlerai donc pour moi), qui manque de beauté, d'intelligence, bref qui est moyenne en tout (c'est elle qui le dit) et qui surtout est très maladroite (un peu cruche) et n'a jamais jusque là eu de succès avec la gente masculine, et la autant dire qu'elle a tiré le gros lot: elle est la SEULE et l'UNIQUE aux yeux sincères et brulants du parfait Edward. Ajoutez à ça le soupçon d'amour impossible à la Roméo et Juliette, deux mondes inconciliables, un choix cornélien et l'amour plus fort que la mort, et on y est. Quelle femme normalement constituée peut résister.. C'est ce qui transforme la lecture de ce roman en une madeleine de proust, on retrouve le charme irrésistible des sentiments et d'attirances platoniques de nos adolescences. La force de Stephenie Meyer est de nous tenir en haleine avec une histoire d'amour dont on sait qu'elle finira bien mais on accepte de rester suspendu dans l'attente et l'exacerbation des sentiments et de l'attirance physique.

Ah j'oubliais, autre ingrédient indispensable, le trio impossible, deux hommes que tout oppose si ce n'est l'amour commun pour Bella. Entre les deux son cœur balance, ça aussi c'est un ressort best seller of all times dans une histoire d'amour réussie.

Je trouve que l'histoire d’amour s'essouffle et notre patience aussi quand on passe au dernier volume après l'union de nos deux tourtereaux et le basculement dans la vie maritale, qui peut leur en vouloir il est plus difficile je trouve de faire vivre ce même univers et cette même magie quand on est dans un trio (c'est toujours moins glamour ce qui explique pourquoi les histoires s'arrêtent par "et ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants", on a rarement la vie de famille). Mais finalement l'intrigue fantastique étant alors plus forte dans le dernier tome, les choses s'équilibrent pour aboutir à un American ending, mais chut j'en ai déjà trop dit.

Verdict, j'ai quand même (parce qu’il ne faut pas cracher dans la soupe) été pendant les deux semaines de lecture accro, une parfaite ado a me pâmer devant Edwaaaaaaaard et à ne pas lâcher les tomes au grand dam de mon mari mais après le charme rompu (car il y a un charme de nature presque surnaturelle qui opère) je trouve quand même que c'est loin de mériter tout ce qu'on peut lui attribuer. Je serais très curieuse de rencontrer des hommes ayant aimé Twilight, je crois très honnêtement qu'il n'y en a vraiment pas beaucoup.

Cela étant dit je serais ravie de débattre de cette lecture très répandue.

A bon entendeur...

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24 novembre 2009

Nineteen Minutes

31. "Nineteen Minutes" de Jodi Picoult

Nineteen MinutesAttention je vais être dithyrambique. Magnifique roman. Très très bien mené, bien écrit et on y pense longtemps après avoir fini la dernière page. Commençons par le commencement:

Première page

"In nineteen minutes, you can mow the front lawn, colour your hair, watch a third of  hockey game. In nineteen minutes, you can bake scones or get a tooth filled by a dentist; you can fold laundry for a family of five. Nineteen minutes is how long it took the Tennessee Titans to sell out of tickets to the pay-offs. It's the length of a sitcom, minus the commercials. It's the driving distance from the Vermont border to the town of Sterling, New Hampshire. In nineteen minutes, you can order a pizza and get it delivere. You can read a story to a child or have your oil changed. You can walk a mile. You can sew a hem. In nineteen minutes, you can stop the world, or you can just jump off it. In nineteen minutes, you can get revenge."

19 minutes, c'est tout ce qu'il a fallut pour que le monde de Lacy Houghton s'arrête...Un froid matin de Mars, Lacy quitte précipitamment l'hôpital où elle travaille en tant que sage-femme pour se rendre à Sterling High, le lyçée dans lequel son fils Peter est scolarisé. Un adolescent a ouvert le feu à Sterling high, tué 10 personnes et blessé plus d'une dizaine d'autres. Alors qu'elle tente déséspérement d'obtenir des informations elle croise une victime en état de choc qui lui apprend que le tireur n'est autre que son fils Peter.. Commence alors une obsédante quête pour Lacy, comprendre...Comment son adorable Peter certes un peu renfermé et timide, mais quel adolescent ne l'est pas, a pu se transformer en ce monstre que tout le monde condamne, ou a-t-elle échoué ? Que s'est il passé ? C'est l'objet de ce roman qui par des flash back et flash forward tente de nous dépeindre la vie de Peter Houghton, une histoire tristement classique d'un "bullied" child, un enfant tyrannisé par ses camarades... Jodi nous entraine loin dans la reflexion, on comprend très vite que tout n'est pas noir ou blanc, et que derrière chaque histoire il y a une face cachée, une injustice, un drame et une souffrance... On oscille entre chaque paragraphe, allons nous également être juge et nous glisser dans les confortables explications médiatiques, peut on à défaut d'excuser tenter de comprendre ? C'est un vrai dilemme moral et surtout une lecture palpitante à laquelle on est convié, qu'on ne se méprenne pas, il ne s'agit pas d'un roman moralisateur ou préchi-precha, il est écrit avec un rythme et un suspense qui n'a rien à envier aux thrillers judiciaires et surtout jusqu'à la dernière page on ne sait ou tout cela va nous entrainer..

Moi vers un nirvana littéraire, j'ai ADORE... Vite aux traductions, ce serait un crime que de ne pas traduire cette petite merveille en français...

Posté par Ndiwwa à 22:38 - Romans - Commentaires [1] - Permalien [#]
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