05 janvier 2010
Saga Twilight
32. Saga "TWILIGHT" de Stephenie Meyer
Tome 1: "Twilight" Tome 2: "New Moon"
Tome 3: "Eclipse" Tome 4: "Breaking Dawn

Ou étais-je passée ??? Oserais-je l'avouer, hmmm, oui au fond de mon canapé avec la saga Twilight. Bon je suis pas fière mais ma démarche était double: d'une part ne pas mourir idiote et tenter de comprendre ce phénomène de librairie, ces millions de fans et toute la folie qui s'est emparée du monde occidental à la simple mention du nom de Twilight et tout particulièrement les ados et puis mince, pour me faire plaisir pendant les vacances puisque semblait-il il était question de beaux vampires et d'une belle histoire d'amour, après tout je ne suis qu'une femme...
Bon alors et le verdict...
Hmm mitigé. Je m'explique. Alors comme mon avis était biaisé, puisque je tentais de comprendre un phénomène, ma lecture n'était pas dénuée d'arrière pensée, impossible donc au début du premier tome, de le prendre comme il venait, sans préjugé ou a priori, bref j'attendais stephenie meyer au coin du bois comme un vampire attend sa victime...Et, et, et ...Et bien les premières pages j'ai été très surprise par la simplicité du style, très dépouillé si ce n'est pauvre, toujours les mêmes mots réutilisés à outrance quitte à perdre leur charme et agacer profondément (je l'ai lu en anglais, alors autant vous dire que les crooked smiles et les unfathomably à outrance, on fait vite une overdose)... Peu d'action ce qui m'a surprise pour un roman fantastique et pourtant au fur et à mesure des pages, je restais scotchée et voulais avidement comprendre ce qui allait arriver à Bella et Edward, concrétiseraient-ils ou ne concrétiseraient-ils pas leur histoire et sous quelle forme, humaine ou vampire (bref j'aurai du lire des mises en garde avant, j'aurais compris que c'était la toute l'intrigue). Bref... Un charme hypnotique a fini par me gagner et j'ai navigué très vite vers les tomes suivants sans même me rendre compte de mon addiction..
Et j'ai fini par comprendre... et désolée pour ceux qui n'aiment pas l'analyse mais je pense que cela s'impose quand même pour comprendre un tel succès a priori non mérité l'intrigue étant incontestablement plus faible que de nombreux autres SF books et surtout un style littéraire très pauvre et dénué de charme. Stephenie Meyer a réalisé la un cocktail avec tous les ingrédients à succès chez la femme ou la jeune femme (car il y a toujours une jeune femme sommeillant en nous peu importe notre âge). Une histoire d'amour semée d'embuches..Tout d'abord qui commence de manière très peu conventionnelle, une attirance répulsion très forte, fuis moi je te suis, suis moi je te fuis, bref un jeu très réussi qui s'explique par la nature même de vampire du beau Edward. Puis un héro PARFAIT, l'homme idéal mesdames, et comble du bonheur qui s'entiche de la parfaite mademoiselle tout le monde, la fille quelconque à laquelle nous pouvons toutes nous identifier (désolée si je vexe certaines je parlerai donc pour moi), qui manque de beauté, d'intelligence, bref qui est moyenne en tout (c'est elle qui le dit) et qui surtout est très maladroite (un peu cruche) et n'a jamais jusque là eu de succès avec la gente masculine, et la autant dire qu'elle a tiré le gros lot: elle est la SEULE et l'UNIQUE aux yeux sincères et brulants du parfait Edward. Ajoutez à ça le soupçon d'amour impossible à la Roméo et Juliette, deux mondes inconciliables, un choix cornélien et l'amour plus fort que la mort, et on y est. Quelle femme normalement constituée peut résister.. C'est ce qui transforme la lecture de ce roman en une madeleine de proust, on retrouve le charme irrésistible des sentiments et d'attirances platoniques de nos adolescences. La force de Stephenie Meyer est de nous tenir en haleine avec une histoire d'amour dont on sait qu'elle finira bien mais on accepte de rester suspendu dans l'attente et l'exacerbation des sentiments et de l'attirance physique.
Ah j'oubliais, autre ingrédient indispensable, le trio impossible, deux hommes que tout oppose si ce n'est l'amour commun pour Bella. Entre les deux son cœur balance, ça aussi c'est un ressort best seller of all times dans une histoire d'amour réussie.
Je trouve que l'histoire d’amour s'essouffle et notre patience aussi quand on passe au dernier volume après l'union de nos deux tourtereaux et le basculement dans la vie maritale, qui peut leur en vouloir il est plus difficile je trouve de faire vivre ce même univers et cette même magie quand on est dans un trio (c'est toujours moins glamour ce qui explique pourquoi les histoires s'arrêtent par "et ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants", on a rarement la vie de famille). Mais finalement l'intrigue fantastique étant alors plus forte dans le dernier tome, les choses s'équilibrent pour aboutir à un American ending, mais chut j'en ai déjà trop dit.
Verdict, j'ai quand même (parce qu’il ne faut pas cracher dans la soupe) été pendant les deux semaines de lecture accro, une parfaite ado a me pâmer devant Edwaaaaaaaard et à ne pas lâcher les tomes au grand dam de mon mari mais après le charme rompu (car il y a un charme de nature presque surnaturelle qui opère) je trouve quand même que c'est loin de mériter tout ce qu'on peut lui attribuer. Je serais très curieuse de rencontrer des hommes ayant aimé Twilight, je crois très honnêtement qu'il n'y en a vraiment pas beaucoup.
Cela étant dit je serais ravie de débattre de cette lecture très répandue.
A bon entendeur...
24 novembre 2009
Nineteen Minutes
31. "Nineteen Minutes" de Jodi Picoult
Attention je vais être dithyrambique. Magnifique roman. Très très bien mené, bien écrit et on y pense longtemps après avoir fini la dernière page. Commençons par le commencement:
Première page
"In nineteen minutes, you can mow the front lawn, colour your hair, watch a third of hockey game. In nineteen minutes, you can bake scones or get a tooth filled by a dentist; you can fold laundry for a family of five. Nineteen minutes is how long it took the Tennessee Titans to sell out of tickets to the pay-offs. It's the length of a sitcom, minus the commercials. It's the driving distance from the Vermont border to the town of Sterling, New Hampshire. In nineteen minutes, you can order a pizza and get it delivere. You can read a story to a child or have your oil changed. You can walk a mile. You can sew a hem. In nineteen minutes, you can stop the world, or you can just jump off it. In nineteen minutes, you can get revenge."
19 minutes, c'est tout ce qu'il a fallut pour que le monde de Lacy Houghton s'arrête...Un froid matin de Mars, Lacy quitte précipitamment l'hôpital où elle travaille en tant que sage-femme pour se rendre à Sterling High, le lyçée dans lequel son fils Peter est scolarisé. Un adolescent a ouvert le feu à Sterling high, tué 10 personnes et blessé plus d'une dizaine d'autres. Alors qu'elle tente déséspérement d'obtenir des informations elle croise une victime en état de choc qui lui apprend que le tireur n'est autre que son fils Peter.. Commence alors une obsédante quête pour Lacy, comprendre...Comment son adorable Peter certes un peu renfermé et timide, mais quel adolescent ne l'est pas, a pu se transformer en ce monstre que tout le monde condamne, ou a-t-elle échoué ? Que s'est il passé ? C'est l'objet de ce roman qui par des flash back et flash forward tente de nous dépeindre la vie de Peter Houghton, une histoire tristement classique d'un "bullied" child, un enfant tyrannisé par ses camarades... Jodi nous entraine loin dans la reflexion, on comprend très vite que tout n'est pas noir ou blanc, et que derrière chaque histoire il y a une face cachée, une injustice, un drame et une souffrance... On oscille entre chaque paragraphe, allons nous également être juge et nous glisser dans les confortables explications médiatiques, peut on à défaut d'excuser tenter de comprendre ? C'est un vrai dilemme moral et surtout une lecture palpitante à laquelle on est convié, qu'on ne se méprenne pas, il ne s'agit pas d'un roman moralisateur ou préchi-precha, il est écrit avec un rythme et un suspense qui n'a rien à envier aux thrillers judiciaires et surtout jusqu'à la dernière page on ne sait ou tout cela va nous entrainer..
Moi vers un nirvana littéraire, j'ai ADORE... Vite aux traductions, ce serait un crime que de ne pas traduire cette petite merveille en français...
12 octobre 2009
Eragon
30. "ERAGON" de Christopher Paolini
Eragon est le premier tome de la trilogie "Héritage" écrite par Christopher Paolini. J'avais très envie d'un roman de fantasy pour m'évader, un autre monde et là vous êtes servis. Eragon vous transporte dans un monde à mi chemin entre Tolkien, Matrix et Harry Potter. Je m'explique, l'inspiration deTolkien est très forte (trop ?), on retrouve un monde peuplée d'Urgals, les équivalents des Orques de Tolkien, d'Ombres, de Razacs, de nains, d'elfes et de dragons. Les dragons sont des créatures magiques capables d'apporter longévité pouvoir et force à leurs dragonniers qu'eux seuls choisissent. Quand Saphira, bébé dragon choisit Eragon pour être son dragonnier et éclos aux fins fonds de l'Alagaësia dans un petit village bien reculé, Eragon ne se doute pas qu'il va très vite se retrouver au coeur d'une lutte de pouvoir qui le dépasse et qui est cruciale pour la survie des peuples de l'Alagaësia. On peut regretter la lenteur de démarrage de l'intrigue. Je trouve qu'on commence réellement à comprendre de quoi il en retourne et à s'interesser pour de bon à partir de la page 300 ce qui peut paraitre un peu long. On ne comprend pas bien où on veut en venir, et la poursuite des Razacs par cet enfant en quête de revanche semble bien faible pour tenir un livre de 600 pages et surtout bien peu crédible. Heureusement les choses s'arrangent, la maturité de l'enfant au fur et à mesure de son initiation, les informations qui commencent à se mettrent en place comme les pièces d'un puzzle petit à petit étoffent l'histoire qui finit par atteindre une vitesse de croisière et finit par captiver enfin le lecteur. On finit le tome en pensant à commencer très vite le second ce qui n'était pas chose gagnée pour moi au début. En tous les cas, j'ai réussi à trouver le dépaysement recherché, la relation entre Eragon et la dragonne Saphira promet de très beaux rebondissements ainsi que les personnages introduits vers le milieu du roman (Murtagh, Ajihad et Arya) et les prophéties du chat-garou et de la sorcière Angela. A suivre...
27 septembre 2009
29. "Le bonheur sur ordonnance" de Barbara Abel
Quand méline, quadra épanouie et mère de deux enfants, bien sous tout rapport se retrouve un jour de semaine à invectiver le flic qui lui colle une contravention en le traitant de tous les noms d'oiseaux, elle se dit que quelque chose ne va pas... Quand ses crises et ses pétages de plomb se poursuivent en présence des enfants et qu'elle ne parvient plus à contrôler ses nerfs elle décide de consulter. Le docteur Leroy lui apprend alors qu'elle est atteinte du cancer du gène H ?? C'est grave docteur ??? Un peu mon nveux... Les crises sont le premier signe de dégénérescence et elle risque de se retrouver très vite en danger de mort si elle ne se reprend pas très vite... Mais que faire, comment sauver son gène du bonheur ??? Mais en étant heureuse pardi...C'est la que commence la plus difficile quête jamais entreprise par la femme des temps modernes.. Ce roman contient des scènes très croustillantes et il n'y a pas besoin de suivre les cours de rigologie avec Méline pour se marrer un bon coup.. La scène de la réunion à l'Agence est un grand moment de franche rigolade, la petite famille de Méline attachante et ses combats pour vaincre ses crises de plus en plus incontrolables franchement réussis.. J'ai passé un excellent moment, souvent ri et aussi un peu réfléchi...Qu'est ce que le bonheur ??? Haha en tous les cas c'est tout ce qu'on souhaite à Méline et à Barbara Abel, que du bonheur et encore du bonheur et qu'elle nous enchante encore avec des romans légers et pétillants.
17 septembre 2009
Thanks for the memories
28. "Thanks for the memories" de Cecilia Ahern
Cecilia Ahern, c'est LA coupable qui m'a fait pleurer pendant la lecture de "PS I love you". Que les choses soient bien claires, j'ai pas du tout aimé le film, mais alors le livre j'ai ADORE. Ce que j'aime dans l'écriture de Cecilia, c'est la facilité avec laquelle elle vous passer des larmes au rire, elle a une manière très simple d'écrire et pourtant elle fait passer de magnifiques émotions et aussi beaucoup d'humour toujours dans le cadre de son irlande adorée. La je ne savais pas du tout à quoi m'attendre, surtout que je n'avais même pas lu la quatrième de couverture, j'ai foncé avant la fermeture de la bibliothèque, tablant tout sur l'auteur. Les premières pages vous plongent très vite dans une atmosphère émouvante. L'héroine Joyce se réveille avec un sentiment de perte que rien ne pourra jamais remplacer pense-t-elle. Elle vient de perdre son bébé à 4 mois de grossesse, après 6 ans de galères, d'attentes et d'espoir. Comment pourra-t-elle combler ce vide immense qu'elle ressent... Surtout que son mariage prend l'eau. Heureusement à ses côtés il y a son père, LE personnage de ce roman, un irlandais pur souche, veuf inconsolable et qui tente tant bien que mal de réconforter sa fille unique. Bien sûr une histoire d'amour aussi, sinon nous ne serions pas dans un roman chick-lit qui se respecte. Et l'histoire d'amour est très surprenante, même si j'ai très vite deviné quel est le lien "spécial" qui unit Joyce et Justin. De belles scènes pleines d'humour, de situations cocasses et de vraies émotions. Pas aussi réussi que "PS I love you" mais néanmoins un moment de lecture agréable. Mais pour ceux qui cherchent une vraie histoire d'amour, je trouve celle entre Joyce et Justin un peu tiède mais là ou Cécile Ahern excelle c'est dans la description émouvante des moments de complicité passées entre ce père et cette fille qui s'aiment vraiment beaucoup, avec beaucoup de pudeur, d'amour, d'humour et de respect. De très belles scènes ou j'ai frôlé les larmes (je dis bien frôlé :-)notamment à la lecture de la scène de la chambre d'hôtel avec son père).
"Thanks for the emotions"!
By the way, j'adooooore la couverture, même si la photo au-dessus ne reflète pas du tout la "vraie" couverture qui est beaucoup plus réussie que la photo.
28 août 2009
1000 femmes blanches
27. "Mille femmes blanches" de Jim Fergus
L'histoire: Fin du 19à siècle aux Etats-Unis: May Dodd est internée dans un asile psychiatrique où elle pense devoir finir ses jours, placée de manière arbitraire par sa riche famille de migrants traditionnaliste et intolérante. Au même moment, Little Wolf "chef et grand homme-médecine" cheyenne rencontre à Washington le président Grant et une délégation du sénat. Il analyse la situation de son peuple de manière très lucide, comprend que l'assimilation est inéluctable et qu'en tant que chef cheyenne, son devoir et de veiller à la survie de son peuple. Aussi, afin de préparer cette assimilation, il propose devant une assistance consternée d'accueillir 1000 femmes blanches auxquelles son peuple s'unira afin que "les guerriers cheyennes puissent loger leur graine de Cheyennes dans le ventre des femmes blanches. Elle s'épanouira dans leurs entrailles et la prochaine génération de nos enfants viendra au jour dans votre tribu pour jouir de tous les privilèges qui y sont associés".
Autant dire qu'à Washington c'est la consternation, mais après mûres réflexions politiciennes et dans le contexte de conquête de l'ouest, le président accepte tout en chargeant secrètement ses sbires de constituer ce contingent en vidant les prisons et asiles psychiatriques. Ainsi May Dodd, trop heureuse de quitter sa prison, rejoint ce drôle de contingent qui s'apprête à rejoindre les "sauvages".
Autant dire que l'intrigue est très étrange et je m'attendais vraiment à autre chose en commençant ma lecture. Très vite malheureusement, mes espoirs sont déçus par l'intrigue amoureuse et romanesque qui lie très vite May Dodd au général de l'armée en charge de mener à bien la "livraison" du convoi de femmes. Je n'ai absolument pas accroché à cette histoire (ce qui se confirmera par la suite). Les femmes arrivent enfin dans le village "cheyenne" et autant dire que la aussi le traitement de leur intégration est très surprenant. Le roman est très très très porté sur l'intégration et les moeurs "sexuelles" des hôtes cheyennes et cette "couverture" devient très vite lourde et lassante. Enfin à presque la moitié du roman on attend enfin quelques "explications" ou découvertes de la culture et des croyances indiennes. Heureusement, cela arrive enfin et l'on peut apprendre et découvrir le mode de vie et la culture de ce peuple en voie d'extinction. Malheureusement, j'ai été perturbée par la rocambolesque histoire d'amour de May avec le général, ainsi que par le caractère de May qui accapare tout le roman en reléguant aux oubliettes tous les autres personnages qui ne font que tourner comme des satellites autour de cette héroïne quelque peu envahissante et un peu mégalo à mon goût.
Bref, heureusement la fin du roman est un peu plus "réaliste" et surprend un peu le lecteur.
Dans l'ensemble, l'histoire m'intéressait au plus haut point, présenté en quatrième de couverture comme un plaidoyer pour le peuple indien et une condamnation du drame qui s'est joué dans les Etats-Unis du 19è siècle. Au final j'ai été déçue par le traitement de l'histoire ou l'auteur a privilégié le romanesque voire même limite "roman à l'eau de rose". Etrange mélange qui pourtant à reçu l'encensement des critiques et dont une adaptation cinématographique par Hollywood serait en cours.
A suivre...
14 juillet 2009
De niro's game
26. "De niro's game" de Rawi Hage
Beirouth, beirouth dans les années 80 ravagée par la guerre depuis tant de décennies que la paix est un lointain souvenir. Dans cette ville, "la ville en guerre la plus calme du monde" comme la qualifie Bassam, vivent ou devrais-je dire survivent Bassam "el majnoun" (le fou) et Georges alias "De Niro". Ces deux amis d'enfance sont comme des funambules, à tout moment ils risquent de basculer. Leur quotidien est rythmé par les bombes qui explosent et qui, comme la roulette russe à laquelle ils jouent pour tromper l'ennui, tuent arbitrairement tantôt des enfants innocents, tantôt leurs proches.
Alors pour tenter de s'en sortir, ils décident de détourner les recettes du casino où travaille De Niro. L''un rêve de Rome et de liberté et d'un horizon meilleur, pour l'autre il rêve de s'engager dans la milice chrétienne afin d'avoir un sentiment d'appartenance, lui qui n'a jamais connu son père français et qui n'a plus de famille.
Leurs tribulations vont les entraîner dans les horreurs de la guerre, la torture, le massacre de Sabra et Chatila, le quotidien misérable des clandestins. Même l'amour entre aperçu ne peut effacer les ravages de la guerre dans le coeur de ces adolescents.
Un très bon roman, dont l'écriture transmet bien l'urgence de la survie de cette jeunesse fauchée et l'ambiance de ce Beirouth ravagé.
Pour illustrer, la bande annonce de "Valse avec Bachir" qui dans une autre perspective, traîte du même sujet, et qui m'a tout autant plu.
02 juillet 2009
L'amour est une chose étrange
25. "L'amour est une chose étrange" de Joseph Connolly
L'amour est une chose bien étrange et ce livre également. Le livre commence par la fin, la fin de la vie de Clifford Coyle. Clifford Coyle a grandit dans une famille tout ce qu'il y a de plus "classique" dans l'angleterre d'après guerre. Un couple, deux enfants. Dans la famille Coyle, l'"argent ne pousse pas dans les arbres". Gillian, la mère, est femme au foyer soumise à un mari qui est la seule source de revenu de la maison et qui compte bien être respecté pour son statut de "pourvoyeur". Annette, l'ainée va dans une école privée de bonnes soeurs mais cela ne l'empêche pas de donner libre cours à ses pulsions, clifford lui collectionne les figurines dans les paquets de corn flakes que sa mère lui achète et surtout il veut rapidement devenir grand pour être "jouif" et avoir une voiture.
Devenu grands Clifford et Annette vont devenir de biens "étranges" adultes, du statut de "victimes" d'un père intolérant, absent et peu aimant ils vont devenir "bourreaux". Ce trio infernal est assez déconcertant surtout dans les rôles que mêmes adultes ils continuent d'hériter de l'enfance, gardant leurs costumes étriqués sans réellement parvenir à surmonter ce passé.
L'écriture est bien étrange, et peut rebuter dès les premières pages. En effet, Joseph Connolly a cette particuliarité de nous faire passer dans une même phrase, dans une même page dans une même scène d'un narrateur à un autre. Il nous fait pénétrer dans la tête de ses personnages sans crier gare et on se retrouve à lire leurs pensées les plus intimes, sans censure, telles qu'elles leur passent par la tête, un peu comme de l'écriture automatique. On retrouve dans ce roman l'humour grinçant et caustique de "Vacances anglaises" mais cette fois ci on a aussi du tragi-comique, du pathétique mais surtout une cruauté sans bornes, toujours décrites par les protagonistes avec un pragmatisme bien anglo-saxon et un détachement certain qui fait encore plus froid dans le dos. Des thèmes beaucoup moins "légers" sont traités comme le viol, l'inceste, la "traite" des femmes et j'en passe. Vous voila prévenus.
J'ai beaucoup aimé ce livre, même si je peux comprendre qu'on puisse ne pas aimer ou même detester. J'ai pris beaucoup de plaisir à retrouver l'humour unique de Joseph Connolly.
23 juin 2009
L'héritage vénitien
24. "L'héritage vénitien" de David Hewson
Voici un nouveau thriller historique qui d'après la quatrième de couverture et le commentaire du Washington Post s'avérait des plus prometteur. Et malheureusement pour moi, le livre n'a pas été à la hauteur de mes attentes. Il s'agit d'un thriller historique dont l'action se situe à Venise. Deux intrigues sont menées en parallèle, l'une dans le venise de Vivaldi, au 18è siècle, l'autre de nos jours. Quels sombres secrets se dissimulent derrière les fenêtres des célèbres castello de venise ? L'auteur nous emmène dans une intrigue pleine de suspense autour d'un "concerto anonymo" écrit par un(e) violonist(e), dont le talent surpasse celui de Vivaldi. A travers les siècles, tous ceux qui se trouvent mêlés de près ou de loin à ce concerto se retrouvent également étrangement liés par une série de meurtres et de mystères non élucidés.
L'intrigue est interessante, bien que son dénouement est un peu "compliqué". Beaucoup de rebondissements, d'action et de mystères mais je n'ai pas aimé l'atmosphère de ce roman. J'ai trouvé qu'il manquait d'érudition contrairement à ce que j'aurais pu penser, même si Venise est très bien décrite et ne manque pas d'envouter autant que l'histoire. La musique est omniprésente et apporte beaucoup à l'intrigue.
Je n'ai pourtant pas forcément accroché et je le regrette car ce roman n'a pas de gros défauts. Une bonne lecture pour les amateurs du genre.
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18 juin 2009
Sur la plage de Chesil
23. "Sur la plage de Chesil" de Ian McEwan

Je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre après la lecture de la 4è de couverture. Tête à tête entre deux jeunes mariés dans l'angleterre puritaine des années 60 le soir de leur nuit de noces.
Le roman commence et nous découvrons Florence et Edouard, jeunes mariés amoureux et qui imaginent avec le mariage accéder enfin à l'émancipation tant recherchée dans une Angleterre qui peine encore à faire de la place aux jeunes. Edouard rêve de cette nuit de noces depuis le jour où il a vu Florence. Il attend une explosion de sens, de posséder cette magnifique jeune femme qui le fait rêver et qui en même temps l'intimide. Florence quant à elle redoute ce qu'elle voit comme une épreuve. L'amour pour elle se conçoit comme une belle harmonie des sentiments où le respect et l'estime de l'autre, l'écoute et le soutien sont l'essentiel. Elle ne conçoit pas que cela puisse être entaché par l'avilissement des corps que représente pour elle l'amour physique. Pourtant dès le dîner c'est un profond malentendu qui s'installe, les silences de part et d'autres sont interpretés différemment. Ce n'est pas un dialogue entre eux qui s'instaure mais un dialogue avec eux mêmes. Cette nuit est l'occasion de ressasser de nombreux souvenirs douloureux de l'enfance, de comprendre davantage quels adultes ils sont en passe de devenir, et surtout ils réalisent leur grande solitude face à cet autre auquel ils ne peuvent envisager de confier le fond de leurs pensées. Alors on se répete que l'on s'aime en priant pour que tout se passe au mieux...
Ce tête à tête et cette introspection des sentiments personnels, de l'intimité des protagonistes, de leur enfance, de leurs craintes, de leurs fantasmes est magistralement écrit. Il existe une tension palpable et qui va crescendo comme le temps qui se couvre dans la magnifique campagne anglaise sauvage qui les entoure. C'est bien plus qu'une nuit de noce, c'est la nuit du destin en quelque sorte qui se joue, c'est le tournant de la vie, la croisée des chemins et des destins.
Très beau roman, très bien écrit et qui fait une fois encore se poser bien des questions.
En hommage à la musique jouée par Florence (qui dirige un quatuor de cordes) et afin de refléter leur nuit de noces, voici le quatuor des dissonances de mozart
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